28 décembre 2010

Bilan 2010 : génération « 90s »

Classé dans : Bilans,Portraits — zonechallenger @ 13:15

On connait déjà ses chefs de file Berankis et Dimitrov, mais le reste de la jeune garde née après 1990 n’a pas chômé cette année. Tour d’horizon de ces newbies aux dents longues.

Superbe année pour Milos Raonic (1990, #156), qui a gagné plus de 200 places en 12 mois. Le canadien natif du Monténégro, qui s’était révélé au Masters Series de Toronto au cours de l’été 2009 – après être sorti des qualifications en battant Gabashvili et Llodra, il avait manqué une balle de match au 1er tour contre Fernando Gonzalez – n’avait pourtant pas bien démarré sa saison, avec une seule victoire en 4 Futures disputés. Mais le travail du bûcheron d’1m96 et 90 kgs a ensuite payé, avec une finale et deux titres en Futures, une finale au challenger de Granby (d. c/ Reister), un 1/4 de finale à l’ATP de Kuala Lumpur (v. c/ Kunitsyn, Stakhovsky, d. c/ Andreev) et l’occasion de rencontrer Nadal au 2ème tour de l’ATP de Tokyo (d. 4/6 4/6) après une victoire contre Serra. Gros serveur et doté également d’un puissant coup droit, Raonic a considérablement progressé au niveau du mental et de l’endurance physique. Il veut maintenant s’établir durablement dans le top 100 pour atteindre le top 10 un jour. Reste quand même à trouver (entre autres) un revers digne de ce niveau :-)

Image de prévisualisation YouTube

 

Federico Del Bonis (1990, #160) avait parfaitement commencé son année avec une finale à Naples et un titre à Rome (et au passage des victoires intéressantes contre Machado, Starace, Flo Mayer) ; mais la confirmation n’est jamais vraiment venue, malgré deux autres 1/2-finales à Zagreb et Reggio Emilia, et une autre finale à Rimini (d. c/ Lorenzi) – le tout sur terre battue. Les 5 derniers mois de l’année ont été durs pour le gaucho, qui a perdu 43 places à l’ATP pour terminer la saison 160ème, ce qui constitue néanmoins son meilleur classement en fin d’année. Gaucher, il possède un lift lourd parfait pour la terre, surtout côté coup droit, ainsi qu’un service tout à fait honnête. Reste maintenant au prometteur argentin de trouver la consistance, le physique, et la régularité pour tenir une saison entière et non pas seulement 6 mois…

Jerzy Janowicz (1990, #161) a été une des bonne surprises de la saison. Le polonais, finaliste à l’US Open et Roland en juniors, a démontré ses progrès du fond du court et, muni de son gros service et de son gros coup droit, il a remporté le titre à St Rémy (dur, v. c/ Roger-Vasselin) et atteint la finale à Salzburg (indoor, d. c/ Niland). Son histoire ressemble un peu à celle des Thénardier dans les Misérables (sortez les mouchoirs) : sans sponsor, ses parents ont dû tout plaquer en Pologne pour lancer sa carrière, se faisant même offrir lors des qualifications de l’US Open des chaussures neuves par les spectateurs parce qu’ils n’avaient pas les moyens d’en acheter au fiston. En 2011, on devrait le voir faire quelques dégâts sur surfaces rapides, qui conviennent le mieux à son jeu agressif et à ses 2m03.

Proclamé comme le futur du tennis américain depuis que Donald Young n’en finit plus de décevoir, Ryan Harrison (1992, #173) est en train de confirmer tous les espoirs placés en lui. Adoubé par Roddick depuis ses 15 ans, « Harry » était devenu en 2008 le 10ème joueur de l’histoire à gagner un match sur le circuit ATP avant son 16ème anniversaire (à Houston, c/ Cuevas). Depuis, le ricain fait son petit bonhomme de chemin : 742ème fin 2008, 363ème fin 2009, 173ème fin 2010. Comme performances notables cette saison, une finale au challenger de Tiburon (d. c/ Kamke), un 1/4 à l’ATP de Newport, et un premier tour passé en Grand Chelem à l’US Open, en sortant des qualifications. Et chose rare pour un américain (qui plus est de son âge), des incursions dans des challengers européens, une très bonne chose pour se faire les dents, développer un mental à tout épreuve et ne pas tomber dans la facilité des Wild Card comme tant d’ex-espoirs déchus…

Joueur complet à la technique très propre, Harrison n’hésite pas à faire service-volée ou à terminer ses points au filet, bien aidé en cela par le coaching de Martin Damm – ex-5ème mondial en doubles – au sein de l’académie Bolletierri. Combatif, travailleur et volontaire, le gamin a déjà livré quelques matchs épiques, comme au 2ème tour des qualifs de l’USO où, perclus de crampes et mené d’un break dans son dernier set contre Machado, il s’en sort grâce à une flopée de services à la cuillère ; ou encore lors de son 2ème tour de ce même USO contre Stakhovsky, où il sera mené *1/3 0/40 dans le 5ème set avant d’obtenir 3 balles de match à 6/3 dans le tie-break, en vain…Reste maintenant au jeune US – pour le moment la tête parfaitement sur les épaules – à passer le cap de la confirmation, mais nul doute qu’avec son sérieux, il continuera à nous surprendre en 2011. D’ailleurs, il sera présent à l’Open d’Australie puisqu’il a gagné il y a peu le tournoi qualificatif US qui donnait droit à une invitation. Sérieux, on vous dit…

Image de prévisualisation YouTube

 

Et après le top 200 ?

 

Année frustrante pour notre talentueux frenchy Guillaume Rufin (1990, #203), entraîné par Emmanuel Planque, ex-coach de Llodra. Révélé à Roland 2009 où il bat l’argentin Schwank au 1er tour (en 3 sets svp !) – 500ème mondial à l’époque, il devient d’ailleurs le joueur le plus mal classé de l’histoire du tournoi à passer un tour – le champion d’Europe juniors 2008 semblait tranquillement en route vers le top 100 avec une première victoire en challengers à Florianopolis fin 2009, et un premier 1/4 de finale en ATP à Marseille en février. Mais une blessure à la hanche droite va lui pourrir la saison, le tenant éloigné des courts de mars à juin, et le contraignant à l’opération il y a quelques semaines. Entre-temps, un 2ème tour à l’US Open (en battant Léo Mayer) grâce à ses principales armes, à savoir le service et le coup droit. A revoir quand il sera au top physiquement.

Du talent, Bernard Tomic (1992, #208) en a aussi, et pas qu’un peu : premier joueur à remporter l’Orange Bowl (le « championnat du monde des jeunes ») dans 3 catégories différentes (moins de 12 ans, 14 ans, 16 ans) ; plus jeune vainqueur d’un Grand Chelem juniors après son succès à l’Open d’Australie 2008 à 15 ans et 3 mois ; vainqueur de l’US Open juniors 2009…l’australien né en Allemagne de parents croates grimpe dans la hiérarchie mondiale petit à petit (80 places de gagnées cette saison), en développant un jeu complet aux nombreux changements de rythme. Cette année, un 2ème challenger remporté (en Australie, à Burnie contre Greg Jones), un tour passé au Queens en battant Seppi, et pour la 2ème saison consécutive un tour passé à l’Open d’Australie en battant…Rufin. Bernie a d’ailleurs livré un match épique contre Cilic au 2ème tour de ce même OA, perdu en 5 sets à 2h du matin, ce qui au passage lui a fait dire aux organisateurs qu’il était « ridicule » de programmer un match aussi tard pour un adolescent de 17 ans…symbole du côté grande gueule, vaniteux, voire antipathique, du personnage. En effet le teenager multiplie les sorties fracassantes : après un « je me barre du court en plein milieu d’un match où je perds » en Décembre 2008 contre Matosevic dans un Futures australien ; après son « Lleyton’s not good enough » comme justification d’un refus de s’entraîner avec Hewitt à Wimbledon 2009 ; Tomic a récemment prétexté une maladie qui l’a empêché de participer au tournoi qualificatif à une invitation pour le prochain OA, mais a été vu deux jours plus tard en train de s’entrainer normalement…l’air de dire « de toute façon, j’aurai une invitation, je suis Bernard Tomic quand même. » P’tit con va !

Dans la série « le soleil se lève à l’Est », bienvenue à Andrey Kuznetsov (Russie, 1991, #231, +80 places depuis fin 2009), vainqueur de Wimbly juniors en 2009 (en battant Tomic en 1/2-finale) et finaliste à Poznan sur terre cette année (d. c/ Gremelmayr) ; Uladzimir Ignatik (Biélorussie, 1990, #223), n°1 mondial chez les juniors en 2007, vainqueur à Toyota en indoor fin 2009 mais qui n’a pas (encore ?) réussi à confirmer ; Evgeny Donskoy (Russie, 1990, #259, +200 places) ; Marius Copil (Roumanie, 1990, #290, +180 places), finaliste à Cremona sur dur (d. c/ Gremelmayr) ; ou encore Ilya Belyaev (Russie, 1990, #296, +100 places), qui présentent tous le même profil de gros serveur au gros coup droit. Quant à Alexander Lobkov (Russie, 1990, #256), il s’est fait remarquer par son goût pour la terre battue : 4 finales et 4 titres en Futures sur la surface ocre cette année, et 250 places de mieux au classement.

Le serbe Filip Krajinovic (1992, #214) et le finnois Henri Kontinen (1990, #273) ont eux déjà eu les faveurs des médias pour différentes raisons. Krajinovic, serbe exilé chez l’académie Bollettieri en Floride depuis 2007, a atteint les 1/2-finales en juniors à Wimbly et l’US Open, et Bollettierri dit de lui qu’il lui rappelle Agassi : puissants coups de fond de court, prise de balle précoce, très bon jeu de jambes…et meilleur au filet qui plus est. Adepte des courts en dur, il a cependant jusqu’à maintenant uniquement perfé sur terre : finales à San Sebastian en 2009 (d. c/ de Bakker) et Kosice cette année (d. c/ Ramirez-Hidalgo) en challengers, 1/2-finale à l’ATP de Belgrade (bon, grâce à un abandon foireux de tonton Djoko, mais quand même…). Incontestablement à suivre en 2011.

Kontinen lui, est un des rares juniors à pratiquer le service-volée et l’attaque à outrance. Finaliste de Wimbledon 2008 contre son pote Dimitrov, sa saison a été perturbée par des blessures (cheville, genou). Seuls faits d’armes : une qualification à l’extérieur en Coupe Davis contre la Pologne au 5ème set du 5ème match (signe que le gamin en a), et un tour passé à Den Bosch sur gazon en battant Brown. Dommage, car le potentiel est bel et bien là, mais nul doute qu’on reverra le finlandais bientôt. Pour un portrait plus complet du joueur nordique, c’est ici.

Enfin, plus discrets, David Goffin (1990, #229) et Facundo Bagnis (1990, #242) ont tranquillement fait leur entrée dans les 250 meilleurs mondiaux. Goffin, belge de son état, est avant tout un terrien : cette saison sur la surface ocre, 2 finales et 2 titres en Futures, et une première finale en challengers à Ljubljana (d. c/ Kavcic). L’argentin Bagnis a lui aussi atteint sa première finale sur le circuit secondaire, sur terre à Bytom (d. c/ Riba-Madrid). A suivre.

Laisser un commentaire

unsspforest |
roussinette |
L'EPS AU COLLEGE JEAN ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | marco123
| sanarycyclosports
| JUDO-AMIKUZE.FR , le blog